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 Hazamada Jinzō

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Capitaine 3ème Division
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MessageSujet: Hazamada Jinzō   Mer 25 Mai - 21:57

Hazamada Jinzō


|| Nom : Hazamada
|| Prénom : Jinzō
|| Âge : ~450
|| Sexe : Masculin
|| Race : Shinigami
|| Allégeance : Gotei 13


Hazamada ne saurait être décrit par un autre qualificatif que sa banalité. Il n’a jamais été rien d’autre qu’un soldat quelconque parmi les foules du Seireitei. Il errait comme une ombre lascive, parfois sans qu’on ne l’imagine assigné à un poste. Même à présent qu’il s’est mystérieusement hissé au plus haut grade de l’armée Shinigami, peu seraient capable de se rappeler de son physique, tout juste plus au sein de sa propre division.

Hazamada est d’une taille relativement moyenne. Ne s’en étant jamais plein, il s’estime n’être ni trop grand, ni trop petit s’il lui est possible de passer par une porte sans percuter ou le plafond, ou la poignée. Il est portant conscient qu’une étrange illusion semble lui donner l’apparence d’un être de grande taille. Sans doute est-ce à cause de sa silhouette fine puisque, malgré les années d’entraînement imposé par l’Académie et son propre statut militaire, point de musculature chez lui. Sous ses couches de tissus, il n’est pas possible de trouver le moindre muscle dessiné. Son corps est plat à l’instar de son visage, de sa réputation, de son essence. Pourtant, les plus aguéris, s’ils se seront aperçus de l’existence du Capitaine, ce serait sans doute à cause d’un large sceau aux formes aussi ésotériques qu’indescriptibles. Les nezs les plus fins y décèleront le reiatsu du Capitaine Kurotsuchi.

Le visage las du personnage n’a d’égale qu’un mur lissé au couteau. Ses yeux sont fins, étirés, imperceptibles, deux billes noires cernées  encerclant un nez aquilin  et encerclés par des sourcils clairsemés aux poils inégalement répartis. Sans doute devrait-il pensé à les raser complètement tant leur inutilité les rend inesthétiques. Cependant, cette négligence est tout simplement marquée sur son visage marmoréen puisqu’elle est rappelée par une barbe toute aussi clairsemée. Elle est celle d’un jeune homme en pleine puberté, ce qui est loin d’être son cas. Seuls son menton et ses pattes se voient ornées de poils tandis que sur ses joues poussent quelques autres de façon éparse et désordonnée. Unique particularité chez Hazamada –ce qui est donc a souligner, ce sont les boucles dorées qui serrent leur étreinte sur ses lobes d’oreilles. À vrai dire, lui-même ne se rappelle même plus, au fil des siècles, comment il a pu accepter de se faire charcuter les oreilles de la sorte mais à présent que c’est fait, il ne se verrait pas se balader avec des trous idiots sur le visage, d’autant que ses oreilles ont tendance à être cachées par l’amas qu’est sa chevelure noir de jais.

Le Capitaine de la Troisième n’a jamais porté son shihakushō de façon distincte par rapport à un autre. Certes il a tendance à porter son shitagi assez haut et serré de façon à cacher un peu plus la large marque mystique qui orne son torse. À présent est posée sur ses épaules un haori  blanc aux manches amples sur lequel le vent n’a aucune étrange emprise. Le vert de soie à l’intérieur de cette veste cérémoniale est bien la seule couleur visible sur le sombre et banal Hazamada.

N’ayant jamais eu de problème a utilisé sa main gauche comme sa main droite, il porte son zanpakuto sur n’importe quelle hanche au bon vouloir du hasard à son réveil. Ce sabre est composé d’un manche relativement long, tissé d’un épais fil vert forêt et dont le tsuba, dernier rempart avant la lame est juste rond et agrémenté de quelques gravures qu’Hazamada ne discerne pas. Etant donné les pouvoirs de sa lame, il a souvent besoin d’une second arme c’est pourquoi il a également à sa ceinture un simple wakizashi sans aucun pouvoir.


Hazamada est loin de n’avoir cure de son apparence livide. Bien au contraire, son physique insipide est son plus grand atout. Il n’est qu’une silhouette, qu’une ombre dans la foule. Un visage que les gens voient et oublient avant de le rêver la nuit. S’il s’agit d’un atout, c’est parce qu’Hazamada est un espion, un moissonneur d’informations. Il récolte les renseignements comme une faux coupe les blés. Il est celui que les enquêteurs appellent lorsqu’ils sont à la recherche d’une chose, d’une personne. Hazamada est ce point noir au coin de l’œil, surveillant les moindres faits et gestes d’autrui.

S’il est vrai que son air morbide donne une impression de rigidité, d’inconsistance malaisante, une simple conversation avec le nouvellement promu permet de se rendre compte que Jinzou est un homme intègre. Il s’attache à l’autre, à une équipe par un lien invisible que lui-même ne remarque pas. Il est le genre d’homme prônant l’adage « le silence en dit long » car sa parole est ainsi : muette, insinueuse.

Bien qu’Hazamada n’a jamais été véritablement attaché à quelques sentiments, sa condition particulière actuelle l’a finalement rendu incapable de ressentir des émotions fortes comme de l’amour ou de la haine. Cela ne fait pas de lui une coquille vide mais la moitié de son âme étant devenue artificielle, il ne ressent que des sentiments utiles.

L’Espion est profondément loyal envers le Gotei 13 si bien que même le meilleur de lui-même sera capable du plus abjecte pour la sûreté du Seireitei : torture, coups bas, mensonge si cela peut servir les dessins de sa faction.

Hazamada ne veut pas rentrer dans le genre de case le catégorisant comme l’être nonchalant qui aurait portant le potentiel d’être un grand shinigami mais lui-même s’y résigne. Il possède effectivement une grande puissance spirituel jamais exploitée au point qu’il n’avait jamais été gradé ni remarqué avant de passer Capitaine. Il semblait être dans sa nature de ne pas exploiter ce pouvoir. Hazamada ne pouvait pas être un nom sur un visage, une réputation. L’âme de son Zanpakuto elle-même témoignait de cette peur. Pourtant, après les expériences de Mayuri, ce potentiel exploita de lui-même et Hazamada se résigna a offrir son intellect au Gotei. On lui a imposé le pouvoir, l’intelligence, la mémoire. Son essence a été modifiée, comme celle de ces shinigamis qui ont été hollowifiés.

D’un point de vue extérieur, il est vraie que le Capitaine semble être une victime. Pourtant, de son point de vue, il s’agissait simplement d’une renaissance… avec quelques améliorations. Que certaines parties de sa personne lui ait été imposées ne signifient pas pour autant qu’elles sont illégitimes. Il ne saurait se plaindre de sa condition tout comme un nomade ne saurait pleurer le manque d’une maison.


Je ne ressentais rien, même pas cet étrange liquide dans lequel j’étais plongé. L’arc de mes yeux ne m’offrait qu’une vision floue encore obstruée par quelques bulles d’air. D’air ? En était-ce vraiment ? Ma mémoire était diffuse… C’était bien la première fois que je ne pouvais pas me rappeler. Un rictus… Une bouche dentelée de jaune, c’était une image que j’avais en tête. Capitaine ?

Je ne pus effleurer ce souvenir que je me trouvais plongé plus loin, englouti dans les méandres de mon esprit. A mesure que je me noyais dans ces ténèbres, mon torse me faisait atrocement mal, il se nouait comme s’il était impossible de rassasier une étrange faim.  Je voyais… J’entendais… Des lumières, des alarmes, des voyants… Y-avait-il un problème ? Je ne pus en savoir plus car j’étais à présent perdu dans ma mémoire.

Il y a 400 ans

Le ciel avait décidé de me transpercer de mes dards aqueux. J’avais dû m’endormir. L’arbre ne me protégeait guère plus qu’il ne m’avait protégé du soleil quelques temps avant. Combien de temps d’ailleurs ? L’enfant que j’étais n’était pas prompt à faire grand-chose. Je me relevais, mon kimono deux fois trop grand… et à présent trop lourd tant il était imbibé d’eau. Je peinais à retrouver ma sandale manquante dans le gazon et le temps de la retrouver et de l’enfiler, mon petit pied était de tout façon plein de boue… Super, Obaba ne me laissera jamais rentrer dans cet était… Obaba !
L’information me frappa comme un éclair gelé au cerveau. Les mains tirant dans mes cheveux j’avais beau regarder autour de moi, impossible de trouver la bourse qu’elle m’avait confié. Pourquoi je n’étais jamais capable de faire ce qu’elle me demandait… Je devais juste aller chercher des haricots au marché et voilà que je me retrouvais trempé et sans le sou… Je l’entendais déjà me réprimander, me traitant de fainéant de première. À tous les coups je serai de corvée de… de je-ne-sais-quoi mais quelque chose me disait que ça ne me plairait pas.

Je rentrais donc les mains vides jusqu’à chez Obaba grelotant sous le froid mordant du tissu trempé collé à ma peau. Je ne pouvais même pas demandé la charité au marchand, avec ce temps, le marché s’était vidé avant même que je n’ai pu en voir la couleur.

La cabane d’Obaba était vraiment éloignée du village, à la frontière avec la forêt du Second District mais peu de monde s’y aventurait. Obaba avait tendance à être… intimidante. Avant de rentrer, je m’étirais le plus possible tout en m’essuyant le visage, je ne voulais surtout pas avoir l’air de m’être réveillé il y a tout juste dix minutes. Avec un peu de chance, un petit bobard suffira à la calmer.

Lorsque j’arrivais devant elle, je voyais qu’elle était simplement assise sur un des oreillers du salon à caresser Kedama. Ses longs cheveux gris avaient beau cacher les innombrables rides de son front, il n’était jamais suffisant pour cacher son immense nez qui suffirait à couvrir Kedama sous ce temps. Ses yeux étaient tout petits, je me demandais même en arrivant si elle n’était pas endormie. Peut-être aurais-je la chance d’esquiver toute sanction. Je compris bien vite que c’était peine perdu d’espérer quoi que ce soit quand elle se tourna vers moi.

Obaba était une vieille dame, puissante et crainte du Rukongai. Personne ne connaissait son histoire, pas même moi ou Kedama mais on disait qu’elle était une puissante Shinigami avant ! Sûrement dû au fait qu’elle ne se déplaçait jamais sans son petit sabre. De mon point de vue, elle était forcément puissante. Après tout, depuis des centaines d’années on dit qu’elle recueillait de jeunes âmes chez qui elle ressentait un fort potentiel. Attention, seulement les « âmes pures » comme elle les appelle. Ceux nés d’autres âmes elles-mêmes. Cela faisait trente ans que nous n’étions plus que deux chez elle. Avant ça, Dotsugawa nous avait quitté pour rejoindre l’Acadamie, « Comme tous ceux que j’ai élevé » se vantait souvent Obaba. D’ailleurs j’étais bien le seul à lui donner un surnom aussi trivial. Personne ne connaissait pour autant son vrai nom mais elle se faisait appeler Dame Baba par tous les habitants du Rukongai Ouest.

On nous raconte souvent que la vieille nous enlevait à nos parents dès que nous naissions. Elle sentait l’énergie spirituelle grâce à ses grands naseaux et nous arrachait à nos berceaux pour faire de nous des guerriers. J’y croyais, l’histoire me semblait plutôt plausible et surtout, Obaba ne m’avait jamais caché m’avoir enlevé.

- Où sont les haricots blanc-bec ? beugla-t-elle, réveillant Kedama dans ses bras.
- Obaba j’ai… le marché était fermé à cause du temps, dis-je les yeux vers le ciel à la recherche de quelques mots pour étayer mon histoire.
- Garde tes bobards pour les dieux ‘spèce de fainéant ! Mon p’tit Jinzo, tu vas bosser dur pour rembourser ces pièces !

La tête en l’air je soupirais d’un air las. Croyant en avoir terminé, je m’apprêtais à préparer à manger quand elle m’interpella à nouveau.

- Prépare ma pipe et vient me voir avant de laver Kedama, ce chat empeste.

Je m’exécutais et tandis que j’entassais les quelques feuilles séchées au fond de la pipe, je faisais mille et une grimace à Kedama qui ne se gênait pas de faire de même. Je m’assis face à elle et lui tendis la pipe. Cette sale boule de poils blanche s’extirpa des griffes d’Obaba qui lui faisait les gros yeux.

- J’ai compris, je vous laisse tous les deux, feula-t-il tout en passant sa queue sous mon nez, me faisant éternuer au passage.

Obaba ne me dit pas un mot avant d’avoir rempli la pièce de sa fumée nauséabonde. Je détestais ce calumet en toc. Il n’y avait qu’une veille folle aigrie comme elle pour fumer une chose aussi immonde. Prenant une large inspiration –assez pour être audible-, elle cracha ses volutes verdâtres sur mon visage avant que les arabesques de fumée ne redessinent la pièce.

- T’as beau être un cossard de première, t’en es pas con pour autant ‘tit Jinzo, une nouvelle expiration sur mon visage, j’dois dire que t’es même pas con du tout pour un gamin flemmard. Quand tu te touches ou que tu dors, qu’est-ce que tu vois, ton rêve, c’était quoi ? T’as bien rêvé tout à l’heure ? T’as pas un reiatsu de molasse quand tu fermes l’yeux, toi.

J’étais surpris. Elle nous répétait souvent à Kedama et moi qu’on n’était pas des faiblards mais jamais elle ne nous parlait de notre potentiel séparément. Mais c’était vrai, j’avais rêvé. A vrai dire, je n’étais même pas sûr que ce fût un songe. Tout me semblait si organique…

- Tu m’embouches un coin Obaba ! T’as des yeux dans mon fion aussi ? me moquais-je avant de me rendre compte que j’allais payer cher cette boutade, j’ai rêvé de la cabane. J’étais dans la cabane mais elle semblait encore plus pourrie que d’habitude. Le bois était noir, le papier des portes déchirés et il y avait une couche de poussière grosse comme ma main sur la porte ! Mais… une voix tentait de m’atteindre sans que je ne l’entende. Ou plutôt sans que je ne la comprenne… Alors elle s’avançait et s’avançait encore jusqu’à grimper le long de mon dos comme cinq, non huit doigts…
- Et tu t’es réveillé, j’ai saisi blanc-bec, me postillonna-t-elle à la  figure.
- Et donc ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
- Comment ça qu’est-ce que ça veut dire ? C’est toi l’cerveau pas moi, j’vous apprends rien, je fais qu’vous montrer et c’est à vous d’réfléchir, oh ! Maintenant va faire la toilette de Kedama et t’as intérêt à te coucher parce que demain tu vas bosser dur !

Même Obaba n’était pas du genre à sortir de ses gonds pour si peu. Elle me posait une question et m’envoyait paitre dès que j’y répondais. Alors que je me relevais, je ne pouvais que remarquer le regard étrange de la vieille sur son sabre, posé par terre à côté d’elle. Je n’essayais même pas de tirer la langue une fois derrière elle, des fois que la vieille bique cache un œil dans le dos.

Quelle plaie, et moi qui avait prévu de m’allonger dans mon hamac pour ne rien faire d’autre que voir le temps passer…
______________________

Une nouvelle alarme me sort de mes souvenirs. Les yeux entrouverts, un premier souffle produit quelques bulles qui obstruent ma vision. Je vois quelques silhouettes s’afférer devant le caisson qui me servait de matrice. Que m’arrivait-il ? Mon esprit était si embrumé qu’il m’était impossible d’avoir le moindre souvenir du pourquoi du comment.

J’aurais voulu parler, appeler à l’aide mais je ne savais pas si ma voix ne portait pas ou si c’était mes lèvres qui ne se muaient pas. En baissant les yeux je remarquais quelques tuyauteries enfoncées dans ma chair nue. Sous mon masque, j’entendais mon souffle apeuré s’accélérer car à mes côtés je reconnaissais sans aucun doute mon Zanpakuto. Que faisait-il immergé ici ? Il était ma seule solution. Seul lui pouvait m’apprendre ce qui m’arrivait. Fermant les yeux, je tentais de communiquer avec lui.

- T-t-t-t… Hazamada-kun, ne va pas si vite en besogne. Décidément, mes drogues ont de moins en moins d’effets sur ton organisme. Une véritable énigme ! Laisse ton capitaine prendre soin de toi, tu deviendras un outil fantastique au Gotei 13 et un excellent cobaye pour mes expériences. Maintenant, retourne dormir…

Cette voix étouffée par les couches de verre et de fluide nous séparant m’était pourtant très reconnaissable et ne tarda pas à découvrir son visage alors qu’un unique ongle d’une longueur démente vint glisser sur le conteneur. C’était le Capitaine Kurotsushi. C’était lui qui m’avait mis dedans ? Que cherchait-il à me faire, pourquoi m’avait-il ressuscité ? Ressuscité ? Oui, je suis mort… Après une pression sur un des mécanismes de la machine, un liquide orange se diffusa dans les tuyaux jusqu’à disparaître dans mon corps ? Je ne le sentis pas mais en quelques secondes, ma pensée avait déjà disparue dans les méandres de mon esprit.


- Squelette de verre, poupée de bois, mer de sable ! Ô flèche céleste, transperce les nuages et  la terre ! Hado #4 : Byakurai !

Les poils le long de ses doigts –ou plutôt ses pattes- s’hérissèrent comme pris de convulsions tandis qu’un large rayon ésotérique aux allures d’orage en jaillit pour finalement frapper un des arbres de la lisière. Obaba observait l’entraînement de Kedama tandis qu’elle désespérait à me voir participer à une partie de shōgi face à moi-même.

Il était vrai que je prenais les entraînements au Kido de moins en moins sérieusement. Ils m’ennuyaient et surtout, je ne voyais pas l’utilité pour moi de m’évertuer à une telle tâche tout en sachant que de telles bases me seraient de toute façon à nouveau inculquée une fois notre entrée à l’Académie.

- Viens t’entrainer espèce d’idiot sinon Dame Baba va nous faire la fête, autant à moi qu’à toi. Jouer seul est inutile de toute façon.
- Je ne joue que face aux joueurs qui en valent la peine, répondis-je sans prétention tout en déplaçant un de mes fuhyō alors que le plateau était en équilibre instable sur mon ventre.

Je ne répondis pas plus longtemps à Kedama, mes yeux devenaient lourds et j’allais sûrement m’endormir sur mon hamac en quelques minutes. Kedama était comme un frère pour moi, mais pas le genre de frère avec qui on confierait jusqu’au moindre de ses secrets, plutôt le frère à disputes et autre chamailleries.  Nous nous entendions cependant assez pour faire tourner en bourrique notre grand-mère tyrannique de substitution. Kedama n’était pas son véritable nom, il s’agissait du nom qu’Obaba lui avait donné, lui avait toujours gardé sa véritable identité secrète. Il avait été enlevé de ses tortionnaires très jeune, suite à une malédiction lui ayant donné une apparence féline. Si durant notre tendre enfance il n’était ni plus ni moins qu’un chat, la malédiction semblait perdre de sa puissance à mesure que les années passaient si bien que son apparence actuelle était celle d’un animal anthropomorphique. Malheureusement pour lui, ceci était loin d’être une bonne nouvelle car il lui semblait de plus en plus difficile de devenir un Shinigami avec une telle apparence.  J’étais loin de m’attarder sur l’étrangeté de mon frère et, prenant le contrepied des autres, avoir été élevé à ses côtés m’avait permis une grande ouverture, si bien que je ne voyais qu’un idiot là où d’autres y verraient une bête idiote.

- Jinzo ! Je te jure que si tu ne t’entraînes pas tout de suite je te couperai un doigt et je te le ferai bouffer dans ta soupe ce soir ! Tu n’en branles pas une, tu vas finir cancre à l’Académie et je préfère te terminer ici plutôt que de te laisser me faire honte là-bas !
- Espèce de vieux tyran ! Je ne veux pas m’entraîner ! J’ai assimilé la théorie, ça me suffit, vociférais-je à ma grande surprise tandis qu’au loin, Kedama s’agitait afin de me signaler de me taire.

Je grimaçais en me rendant compte de mon erreur, ravalant ma salive, le silence d’Obaba me glaçait le sang. Je me relevais donc, faisant tomber mon plateau alors que j’allais remporter la victoire grâce à mon ginshō. Les pièces gisaient à mes pieds et je crus m’évanouir à mesure que l’air me pesait. L’atmosphère lourde me retournait l’estomac et je tombais, genoux et paumes contre terre. Avec difficulté je relevais la tête observant la même réaction chez Kedama avant de me rendre compte que cette puissance émanait d’une seule et même personne. Au centre de la cour, Obaba tenait son katana encore dans son fourreau entre ses mains. Les nombreuses couches de tissus de sa tenue claquaient dans le vent et brisaient les amas de terre en suspension. Les yeux écarquillés, nous n’avions jamais été réellement témoin de la puissance d’Obaba.

- Je ne te posais pas la question bouseux, sa voix était sèche comme la brise, maintenant je me charge de votre entraînement alors si vous ne voulez pas crever, vous avez intérêt à réagir…

Arrache…


La formule n’eut le temps de se graver dans mon esprit que je compris directement le but de la vieille, mon sang ne fit qu’un tour et ma voix se tordit de peur : « Kedama, dégage, fuis, dans la forêt ! ». Je me levai aussitôt trébuchant, trainant alors que je tentais désespérément d’atteindre la maison.

…Semushi !

J’eus l’impression de m’envoler sous l’implosion de reiatsu d’Obaba, jamais je n’aurais cru qu’elle irait aussi loin. Je n’eus le temps d’apercevoir qu’une immense forme se dégager de la fumée mais je rentrai dans la maison avant de comprendre ce dont il s’agissait.

Dans la précipitation, je mettais la maison sans dessus dessous à la recherche d’objets à utiliser pour combattre ou mieux, élaborer une stratégie. En sortant, je m’étonnais de ne pas retrouver une Obaba enragée. Merde, elle avait déjà rejoint la forêt à la poursuite de Kedama. Je devais le retrouver avant elle. Heureusement, nous avions déjà subi ce genre d’entraînement – bien qu’elle dépassait ici les bornes. Mon frère et moi avions un point de ralliement dans la forêt dans ce genre de situation. L’entraînement pourrait bien s’étendre sur plusieurs jours alors il valait mieux rester sur ses gardes.

~°~

Nous étions épuisés, elle ne cessait de nous retrouver sans nous laisser aucun répit. Trois jours et deux nuits déjà que nous parcourions la forêt. Le seul plan que j’avais trouvé était très risqué et Obaba ne m’avait laissé aucune chance de le mettre à exécution mais l’étau se resserrait et je n’avais plus vraiment le choix. Accroupi sur la branche d’un arbre, je demeurai silencieux me remémorant tout notre parcours dans ce bois, me rappelant méticuleusement de chaque arbre, chaque rocher. Je n’avais aucune arme et je n’en avais normalement pas besoin. Kedama avait réussi à tailler une branche et utilisait donc une lance de fortune. Souvent la faim m’empêchait de réfléchir et nous avions peur que le moindre creux de notre estomac n’alerte l’ancienne Shinigami. Je me rongeais machinalement les ongles comme pratiquant un rituel dans ma réflexion.

- Kedama, il va falloir que tu prennes un gros risque, chuchotais-je, je vais avoir besoin que tu fasses diversion. Résiste à Obaba au moins une dizaine de minutes. C’est beaucoup te demander je sais.
- Que tu me le demandes ou pas, je comptais bien me lancer. Ça me démange de rentrer et plus tôt nous en terminerons, mieux je me porterai.

Kedama m’avait compris et s’élança donc à la poursuite d’Obaba. Le shikai de la vieille consistait en un gigantesque hachoir complètement non-maniable. Durant ces trois jours je ne m’étais encore jamais confronté à elle, seul Kedama la prenait de front. Il semblerait que la moindre coupure engendré par sa lame crée une boursouflure sur la peau qui, je l’espérais, s’estomperait une fois l’exercice spartiate terminé. Le dos de Kedama en était déjà jonché et de nombreuses bosses sortaient déjà de sa fourrure rendant ses mouvements de plus en plus difficile.

Pour ma part, je devais demeurer invisible. Mon rôle était de rester dans l’ombre. Dans le plus grand silence je me déplaçais avec minutie dans la nuit tenant fermement l’unique objet que j’avais ramassé quelques jours plus tôt chez Obaba. J’étais bien débutant pour ce qui était de la maîtrise du Shunpo – elle dirait sûrement que j’avais encore trop rêvassé. Au mieux, je pouvais me déplacer sur un mètre soixante-treize précisément. De quoi sauter de branche en branche sans que l’œil ne puisse suivre. Je mettais donc mon plan à exécution en tournant autour de la bataille entre Obaba et Kedama. Le pauvre était exténué, il ressemblait à présent d’avantage à un amas de chair et bouger plus lui était pratiquement impossible. Elle m’appelait au combat. Qu’elle ne s’inquiète pas, je viendrai. J’avais besoin de plus de longueur et donc de plus de temps. J’emmêlais mon objet à chaque nouvel arbre, l’accrochant ensuite à une fougère à ses pieds avant d’en mettre un peu plus sur un simple caillou qui gisait plus loin. Le terrain était devenu ma toile et j’en étais l’araignée. Je remontais sur la première branche.

- Obaba ! Il parait que tu me cherchais !
- Sale môme ! J’aménage cet exercice pour toi et tu te dégonfles depuis trois jours !
- Ne t’en fais pas, on va vite terminer tout ça… lui dis-je avant de lui lancer mon objet, une bobine de fil complètement déroulée auquel était noué le dernier bout du fil. Par réflexe elle l’attrapa.

J’avais la théorie, à moi de l’appliquer. J’avais besoin d’ouvrir mes canaux de reiatsu. Gauche, droite, droite, droite, bas, gauche, bas, haut. La théorie me suffisait, en l’appliquant, je l’aurais même pas à perdre mon temps dans l’incantation. Je posais un doigt sur l’autre bout du fil entre mes mains.

- Hado #11 : Tsuzuri Raiden.

Pas besoin d’incantation. La puissance de la technique était proportionnelle à la distance à parcourir jusqu’à la cible. Le courant électrique s’échappait de mes doigts et la vitesse de l’éclair avait déjà fini de traverser le parcours que je lui avais dessiné. Trop tard Obaba ! Le temps que l’idée même de lâcher la bobine lui vienne en tête, elle serait déjà frappée par la foudre. L’explosion illumina la forêt, m’éblouissant avant de me faire tomber de mon arbre. Abattu par la faim et la fatigue, je ne cherchais pas à me relever, cherchant plutôt du seul œil que je pus ouvrir la présence de Kedama ou d’Obaba. La fumée obstruait ma vision jusqu’à ce qu’une silhouette massive se dégage de celle-ci. J’espérais qu’il s’agisse de Kedama transformé par l’immonde Zanpakuto de la vieille mais il pouvait s’agir d’elle aussi. Hélas, lorsque ce fut finalement Obaba qui en sortit, je reculai d’angoisse. C’est pas vrai, elle ne savait vraiment pas quand s’arrêter !

Pourtant, son hachoir était redevenu un katana lui-même rangé dans son fourreau et je reconnu mon frère ayant repris forme normale sur son dos, inconscient. Silencieuse, elle s’approcha de moi jusqu’à s’accroupir pour que nos deux paires d’yeux s’alignent.

- Jinzo, tu vas devenir Shinigami. Non pas parce que tu le veux mais parce que tu le peux. Rares sont les âmes comme nous à avoir de l’énergie spirituelle. Encore plus rares sont les âmes avec votre potentiel. Notre pouvoir implique des responsabilités que nous ne devons pas esquiver. Tu peux manquer de motivation et garder des attitudes de vieux si tu le souhaites mais à la fin, tu n’échapperas pas à tes responsabilités. Pour une vie meilleure, pour offrir une vie meilleure tu vas te battre comme tout le monde et là, peut être que tu pourras profiter de la tranquillité dont tu rêves, me glissa-t-elle d’une voix onirique, presque irréelle avant de se relever tout en me tendant la main, maintenant lève-toi, vous avez bien mérité une bonne bouffe !

Suite au prochain post


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|| Autre : Désolé pour le pavay, on m’a mis la pression pour le grade de Capitaine, bonne lecture quand même ! Désolé aussi pour la fin que j’ai rushé pour deux raisons : parce que j’ai perdu le premier jet que j’ai dû réécrire et parce que ça devenait vraiment trop long et trop lourd.
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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   Jeu 9 Juin - 20:58

Hey oh ! Où qu'elle en est cette présentation ?
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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   Dim 12 Juin - 15:26

Elle arrive ! J'ai quasiment fini me reste un petit paragraphe, je rajoute les codes et emballé c'est pesé !
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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   Mar 14 Juin - 21:36

SUITE DE L'HISTOIRE


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Je me réveillais à nouveau au fin fond du Centre de Recherche. Je me sentais prendre conscience un peu plus à chaque éveil. Pourtant, la notion du temps m’avait complètement échappée. À mon dernier réveil, j’avais l’impression de nager dans cette cuve depuis des millénaires et là, il me semble n’y être que depuis quelques minutes. Mon esprit devait être toujours aussi embrumé par ma condition. Mais quelle condition ? Je recherchais sur mon corps la moindre blessure car j’étais blessé, j’étais sûr d’avoir été blessé gravement. Suivant les dernières paroles du Capitaine Kurotsuchi, ces blessures m’avaient-elles tué ? Je ne voyais aucune meurtrissure sur ma peau si ce n’est les trous à partir desquels étaient enfoncés les différents tubes qui avaient dû servir à me nourrir… ou plutôt à me droguer au vu du passif du Capitaine. En tentant de retrouver ma lame, je remarquais quelques marques étranges gravées sur mon torse. Forcé d’être debout dans ce liquide, il m’était impossible de voir clairement de quoi il s’agissait jusqu’à ce que je remarque que quelqu’un était assis face à moi. Par-dessus son shihakusho je reconnaissais la blouse du Centre de Recherche.

- Tu es réveillé ? résonna la voix d’Akon, le Troisième Siège de la Division, tu ne peux pas répondre de tout façon. Désolé pour tout… il agitait sa main en désignant l’immense mécanisme entourant ma cuve, tout ça. Ca a toujours été le genre du Capitaine. Désolé que tu ais dû être un de ses cobayes. À vrai dire, je ne pensais pas… j’espérais que son idée tordue n’aboutisse pas. Le Capitaine t’a vu tu sais, lors de ta dernière mission, il étouffa un rire, je ne sais même pas si tu en as le moindre souvenir… Grâce à des Jigokuchō modifiés il a été en mesure de surveiller la mission en direct et il t’a malheureusement vu à l’œuvre. Il ne pouvait pas te laisser partir après ça… La Soul Society est en crise, nous avons besoin de toute force nécessaire. Nous avons perdu de nombreux Shinigamis, des Capitaines ! L’Elite du Gotei 13 liquidé par Aizen et ses Arrancars, par les Quincy… Ils ont même renversé la Garde Royale, Hazamada. Maintenant, avec ces Pêcheurs qui apparaissent, on dirait que même les Enfers veulent notre peau. Hazamada, lorsque tu es mort ce jour-là, nous t’avons ramassé, toi et les autres victimes de ce massacre. Le but du Capitaine était de vous faire revenir. Il ne voulait pas de simples zombies comme il a pu déjà le faire par le passé, il voulait reconstituer votre âme, tenter l’impossible. Encore un rire étouffé, je ne sais même pas s’il a fait ça pour la Soul Society ou s’il ne voulait pas seulement satisfaire une de ses pulsions de scientifique. L’un n’empêche jamais l’autre avec lui… Quoi qu’il en soit, il a réussi, avec toi. Ton âme n’avait pas totalement disparu et il a réussi à mettre en stase ton état. Bien sûr tu étais resté mort avec seule la moitié de ton âme de disparue mais grâce à ce liquide de son cru et ton Zanpakuto, il a remplacé la partie manquante par une âme artificielle. Tant que tu restes dans ce liquide, la « greffe » se perfectionne jusqu’à ce qu’on ne puisse différentier l’ancien toi du nouveau toi. Je suis désolé qu’on ne t’ai pas laissé partir dignement, vraiment. Maintenant, j’espère pour toi que cette expérience est une réussite et que tes capacités sont intactes sans quoi… tu deviendras un des sujets ratés de Kurotsuchi Mayuri.

Contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, l’histoire d’Akon ne sonna pas comme une bombe en moi. Bien au contraire, elle semblait naturelle, justifiée. Tout dedans sonnait juste. Il était normal pour un scientifique de tenter de recréer un soldat mort au combat. C’était dans l’intérêt du Gotei 13. Etait-ce un effet secondaire de cette greffe d’âme artificielle ? Etrangement, je ne me souvenais pas capable de réagir de la sorte. J’aurais sûrement préféré y rester. Au moins, mon ennuie aurait été comblé et ma tranquillité acquise. Pourtant, revenir à la vie était nécessaire. Les vieilles paroles d’Obaba, rejetée jusqu’à aujourd’hui résonnèrent en moi comme l’écho d’un lointain tambour détenteur de la vérité. Quand bien même j’étais dans l’incapacité e parler, étant inhibé par ce masque, je n’avais rien à dire, rien à répondre. Aussi loin que je me souvienne, j’avais toujours été un outil finalement. Un outil attendant l’arrivée de sa date de péremption afin de pouvoir se reposer dans son hamac. J’avais réussi à être discret, à n’être qu’un Shinigami banal parmi les centaines qui peuplaient le Seireitei. Pourquoi avait-il fallu que je sois remarqué. Ça n’était pas dans ma nature d’être vu, d’être
perçu , je l’avais appris dès l’Académie.

Kedama et moi étions finalement élève de l’Académie. Si ce ne fut pas un problème pour mon frère,  je dus tout de même passer l’examen au rattrapage. Obaba nous avait fait ses adieux à sa façon, en nous faisant comprendre qu’à présent, on ne la reverrait plus parce qu’on n’avait plus besoin de la revoir. Elle en avait terminé avec nous. Il n’était pas difficile pour la boule de poil et moi-même de déceler de la mélancolie chez elle lorsque nous avons quitté le Rukongai mais il s’agissait de sa volonté. Je me demandais tout de même pourquoi elle ne souhaitait jamais revoir les élèves qu’elle avait adopté une fois ceux-ci capable de postuler à l’Académie.

Quoi qu’il en soit, l’Académie… je ne savais pas s’il s’agissait de la meilleure ou de la pire période de ma vie à vrai dire. Très vite, Kedama et moi avions été séparés, lui dans le deuxième classe, ayant frôlé de prêt la classe avancé –j’étais sûr que c’était grâce à l’avance que nous avait offert Obaba grâce à son entraînement- et moi dans la cinquième, soit l’avant dernière. Je préférais penser que le système éducatif n’était pas fait pour moi. Je n’avais jamais imaginé l’Académie comme un lieu d’étude à proprement parler. Les cours magistraux, les pupitres… tout ça me paraissait impossible à assimilé une fois un Asauchi en main. Ainsi, j’étais rapidement devenu un cancre de l’Académie. Bien souvent je rêvassais ou je m’endormais avant même que le cours ne commence. Lors des pauses je restais dans la cour, allongé à contempler les nuages qui semblaient plus blanc ici qu’au Rukongai et j’en oubliais les rares leçons que j’avais cru entendre dans la journée. Sans doute était-ce grâce aux notes pratiques que je réussissais à ne pas me faire exclure, quelle ironie pour moi. Grâce à Obaba, les tirs de Kido sur cible se déroulaient sans encombre mais je n’avais pas la flamme à ça. Mon niveau fluctuait. Autant dès ma première année je réussissais un Sokatsui parfait sans besoin d’une incantation, autant à celui d’après un simple Shakaho m’était hors de portée. Je pataugeais dans cet univers ou mon frère s’épanouissait sans se soucier d’être la curiosité du coin par son apparence animale.

J’avais passé huit années à l’Académie durant lesquels je ne m’étais guère investie. Je n’avais pas de motivation. La vieille m’avait souvent testé et ce, à tout âge. Selon elle j’étais intelligent, très intelligent mais aussi loin que je m’en souvienne, jamais ce QI elevé ne m’avait véritablement été favorable. Il est vrai que je comprenais vite les choses mais je m’ennuyais alors encore plus rapidement. J’étais dans une simple moyenne avec quelques efforts notables en Hoho et des lacunes tenaces en Zanjutsu. Le temps faisait de moi un homme apathique. Durant ces huit années, je n’avais côtoyé personne si ce n’est quelques ouvrages et parchemins dans la bibliothèque. Je m’y rendais souvent car elle disposait de quelques plateaux de Shogi. Je devais sembler ridicule à jouer seul mais cela m’aidait à réfléchir. Mon entraînement se faisait par le biais de ces pièces et des stratégies que je peaufinais pour me battre à plat de couture à chaque fois. Les pièces étaient des disciplines, différentes manières pour moi de gagner. Par moment le ginsho était le Kido et je l’utilisais pour abattre mon roi, à d’autre moment il me fallait réfléchir plus. Par la suite, on ne me remarquait plus malgré le fait que je sois resté immuablement à la même table, avec le même plateau de jeu. Je n’étais qu’une ombre au coin de l’œil, imperceptible .

Une fois mon diplôme en poche, je devins officiellement un Shinigami. Obaba ne serait pas fière du résultat mais elle n’aurait plus aucune raison de me casser les pieds maintenant que j’avais la tenue, il restait encore le sabre mais je me connaissais assez pour savoir que je ne possèderais jamais une lame qui en jetait autant que la sienne mais mes aspirations avaient toujours été simples. Au vu de mes notes, mes professeurs et moi-même m’imaginions comme un Shinigami lambda. Pas assez bon pour combattre mais pas assez mauvais pour retourner chez lui.

Depuis peu, je refaisais le rêve de mon enfance. Je doute qu’il s’agisse d’un mal du pays inconscient. Bien au contraire, c’était ce même inconscient qui me poussait à écouter ces voix mais je les oubliais jusqu’à ce que je referme encore les yeux si bien que dormir m’était devenu impossible. J'entrecoupais mes jours par des siestes me permettant de tenir. Un micro-sommeil pour un micro-shinigami.

À ma grande surprise, je fus tout de même affecté à une des Treize Division, la Troisième. Cependant, sans grande surprise, ma tâche principale fut le stockage d’informations. Par moment je gardais la porte de la salle d’interrogatoire qu’un de mes collègues, plus compétent, menait. Parfois même, j’étais envoyé dans le Monde Réel afin de chasser des Hollows. Je n’ai pas vu beaucoup de ces bêtes et les rares spécimens que j’ai pu combattre étaient des Hollows mineurs mais ils me fascinaient. Comment des êtres aussi vides, aussi creux pouvaient-ils encore se mouvoir par instinct ? Notre instinct serait donc indépendant de notre âme ? Et surtout, une fois tranché par nos lames, comment des êtres censés être vils au point de n’être rien peuvent-ils encore renfermer une âme qui attend d’être réincarnée ?

J’étais cependant bien seul. À de rares occasions, je revoyais Kedama qui s’épanouissait dans sa vie de Dieu de la Mort. Il semblait être surpris par cette fonction dont il avait toujours eu une image péjorative. Pour ma part, rien n’arrivait plus à me surprendre. Mais j’avais besoin de parler, de discuter. C’était assez difficile au sein de ma Division. Nous étions principalement fait pour l’espionnage, la collecte d’informations, de renseignements et pour diriger les interrogatoires les plus secrets. En somme, nous n’étions pas les plus bavards du Gotei 13 mais ce besoin de communiquer était bien plus viscéral que de simplement prendre un thé et parler de la dernière chasse aux Hollows avec un confrère.

Un jour, l’évidence qui ne m’avait jamais traversé l’esprit me frappa lorsque je devins le dernier à porter encore un Asauchi vierge à la hanche. J’avais déjà tenté de communiquer avec l’âme de mon Zanpakuto à l’Académie mais je n’étais jamais allé plus loin. Je me mis donc à méditer, jour après jour, nuit après nuit, mois après mois. À mesure que je me perfectionnais au sabre à la lumière du soleil, le reflet de la lune me montrait assis en tailleur, ma lame posée sur mes genoux.

Je n’étais plus sûr de rien et je ne distançais même plus la réalité du rêve, de l’hallucination, la fatigue de l’énergie, la vie de la mort. Alors je ne réagis pas la première fois que j’entrai dans mon monde intérieur. J’étais chez Obaba, la simple pensée de ce nom me renvoyait à tant de souvenirs, joyeux comme malheureux. Le parquet, plus sombre qu’à l’accoutumé, était gondolé. La table centrale semblait tenir debout par miracle tant le bois était pourri, rongé par quelconques bêtes. Les paravents coulissants qui servaient à la fois de mur et de porte étaient enduits d’une épaisse couche de poussière si bien que le papier qui les formait me fit presque penser à de la pierre, peut-être du marbre au vu des nervures sur certaines parties attaquées par l’humidité. J’avançais. Mes pas étaient feutrés et silencieux sans que je le demande. Marchant sur un des coussins sur le sol, j’entrepris donc de visiter ce lieu, pensant y être réellement. En poussant un des paravents, je m'aventurais dans la seconde salle, identique à la première. Je prenais donc celle de gauche et me rendit compte qu’il en était de même. Inutile d’en visiter plus, un rapide calcul me permit de rapidement comprendre que je me trouvais dans un labyrinthe composée d’une seule et même pièce. Lorsque, pour une raison obscure je me mis cette fois à penser qu’il s’agissait d’un rêve, je m’assis par terre, sur l’oreiller sur lequel j’avais marché plus tôt.

- Un inconnu dans ma maison ? chantonna une vieille voix rauque, usée par le temps et la pipe.
- Excusez-moi, je suis Hazamada Jinzo, répondis-je bien plus par instinct que par réelle réflexion.
- « Notre » maison dans ce cas, la voix venait cette fois de derrière.
- Je ne comprends pas…

Il apparut alors. Descendant depuis le plafond au centre de la pièce par un fil, ce que je croyais d’abord être un bijou. Il s’agissait en réalité d’une bête, une araignée. Elle était mécanique. Faite d’un métal doré, les reflets semblaient pourtant trop cuivrés pour y voir de l’or pur ou peut-être était-ce un effet d’optique dû à nombreuse arabesques gravées sur son abdomen disproportionné. Ses huit pattes dansaient au rythme des huit pierres de cobalt qui lui servaient d’yeux. L’araignée était grande, sûrement de la taille de mon visage si ce n’est plus grande. Je prenais appui sur la table pour m’en approcher et mieux l’observer.

- Qui êtes-vous… le maître des lieux ? demandais-je tout en plissant les yeux, pensant alors mieux scruter la bestiole.
- Je ne suis qu’une Araignée Rouillée et je dois être le seul maître des lieux présent car l’autre comprend plus vite d’habitude, se moqua-t-elle bougeant machinalement ses deux crocs.
- Je vois, vous êtes l’esprit de mon Zanpakuto et ceci est mon Monde Intérieur… j’ai donc réussi à y entrer, pensais-je à voix haute.
- Bingo ! On s’ennuie vite ici, on prend vite la poussière… mais ça tu le sais déjà, n’est-ce pas ?
- Comment ça, explique-moi ? Mon Monde Intérieur ne peut pas être un endroit qui existe réellement, n’est-ce pas ?
- Notre Monde Intérieur existe réellement, Jinzo. Il a seulement pris de l’âge. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Lorsque l’on reste statique, l’araignée prend vite possession des lieux et fait des plafonds et des recoins son royaume. Ce monde n’est plus que l’ombre de lui-même à cause ou grâce à toi.
- Je sais où tu veux en venir mais il n’est pas dans ma nature de briller, d’être remarqué…
- La mienne non plus. Il n’est pas de chose plus présente et invisible que ton pouvoir et ce pouvoir, c’est moi, me coupa-t-il, tu as beaucoup de défauts. Ta force spirituelle laisse à désirer, tes poings ne valent rien, ta voix ne porte guère. En somme, un piètre Shinigami. Pourtant tu dois être fort, sans quoi je n’existerais pas.
- Je ne tiens pas à devenir plus fort, lui répondis-je sans conviction.
- C’est bien dommage car lorsqu’on détient le pouvoir, il faut l’assumer sans quoi on se trahit. Tu sais faire preuve d’initiative Hazamada Jinzo. Bien malgré toi, tu te retrouves face à tant de responsabilités alors pourquoi ne pas les embrasser ?
- Parce que je veux vivre et mourir simplement.
- Ce que tu veux prime vraiment sur ce que tu peux ? Mieux encore, ce que tu peux, n’est-ce pas ce que tu dois ?
- Par les dieux, on croirait entendre Obaba… dis-je dans ma barbe.
- Un vrai sage cette grosse tata ! Ecoute Hazamada Jinzo, tu as la capacité d’être tant de choses. Tu es un Shinigami, je suis ton Zanpakuto et il te faudra donc te battre pour embrasser la tranquillité dont tu rêves. Ça tombe bien, j’ai le pouvoir de t’apprendre à te battre.

Les morsures verbales de cette araignée étaient de véritables électrochocs. Elle me connaissait jusque la moelle épinière. Au fur et à mesure de ses paroles, elle me promettait le pouvoir qui me correspondrait une fois éveillé. Selon elle je ne serais plus une ombre qu’on oublie mais bien une ombre qu’on souhaite oublier. Sans connaître la faim ni la fatigue, il m’avait semblé être resté plusieurs jours à ses côtés pour qu’enfin je lui pose la question :

- Quel est ton nom ?
- J’ai toute confiance en toi. Je te l’ai dit la première fois que tu me l’as demandé, ‘spèce d’idiot.

Le monde se fissura et finit par disparaître comme un château de poussière emporté par le vent ne laissant derrière lui qu’une nouvelle âme entre mes mains : Sabigumo. Il me fallut bien des années pour parfaire mon Shikai tant celui-ci m’était complexe. Hoho, Zanjutsu, Kido mais surtout réflexion, stratégie. C’était ce qui était nécessaire pour maîtriser ce Zanpakuto d’Illusion. La lame tissait des toiles qui, une fois posées sur un objet, une chose, une personne, agissaient comme un filtre de perception.  Elles dirigent l’attention ailleurs et trompe les sens rendant tout ce que le fil touche imperceptible. Sabigumo m'avait dit de lui : tu sais que je suis là mais tu ne veux pas savoir que je suis là donc je disparais.

Cette araignée de fer m’avait conféré une confiance dont je manquais réellement. Restant d’un naturel discret, les capacités d’un Shinigami ne restent cependant jamais secrètes bien longtemps et je me vis conférer de nouvelles responsabilités. Bien sûr on savait que je n’étais pas un combattant de génie mais selon eux, je restais un génie. Ainsi, je dirigeais quelques équipes lors d’excursion dans le Monde Réel, j’élaborais des attaques, des défenses, je prévoyais la venue de certains Hollows et en de plus rares occasions encore, j’étais présent lors d’interrogatoires. J’étais perçu comme quelqu’un de capable. Non pas que je n’ai cure de l’image que je pouvais laisser transparaitre mais j’étais bien plus curieux de ce revirement de situation. D’ailleurs, je n’avais jamais accepté une quelconque promotion. D’abord comme Sixième Siège de ma Division puis au sein de la Douzième Division, reprise depuis peu par l’ancien Troisième Siège Kurotsuchi Mayuri. Je savais que mon intellect pouvait y être utile et surtout, être dans un laboratoire sans combat m’allait très bien, j’imaginais déjà le nombre incalculable de pauses en tout genre dont j’aurai pu profiter mais j’avais encore besoin de rester sur mes acquis. Un simple poste de Shinigami au sein de ma Division me suffisait. On n’avait pas véritablement de moi. Ces promotions étaient seulement des récompenses mais nullement un réel besoin je ne m’y attardais donc pas.

Avec le temps j’accumulais les connaissances, je me complaisais en me reposant sur mes lauriers, fumant tantôt de ma pipe toujours aussi nauséabonde tantôt en admirant les nuages comme durant mon enfance. Je lisais, je jouais, je dormais, je procrastinais. Je voyais plus souvent Kedama qu’auparavant. Celui-ci avait rejoint l’Onmitsukido et, tout comme moi, il passait donc le plus clair de son temps masqué et caché. Notre éloignement ne m’avait pas vraiment dérangé. Son épanouissement ici là me détendait d’une certaine façon. Lui et moi nous promenions dans le Seireitei que nous découvrions chaque jour. Nous n’étions pas dans le pire quartier du Rukongai mais nous étions si éloignés de la population dans notre cabane qu’il m’avait semblé avoir rendu visite plus souvent aux oiseaux de l’arbre d’à côté qu’au marchand de haricots.

Hélas, les années passèrent et les échecs se succédaient. Les missions devenaient de plus en plus difficiles et les pertes de plus en plus terrible. La perte récente de cinq capitaines dont celui des Kido Corps et de leurs lieutenants avait véritablement chamboulé le Gotei 13 qui manquait d’effectif qualifiés pour les missions à haut risque. Ainsi, bien souvent, seul le Shinigami médecin ressortait vivant de ce genre de routine funeste. D’autant plus qu’il me semblait avoir fait le tour de ce que je pouvais savoir et faire. J’étais perdu, vidé de ma substance et mes conversations quotidiennes avec le vieux Sabi’ commençaient presque à m’ennuyer si elles n’étaient pas le moment le plus palpitant de mes journées. Je me lançais donc un jour, n’ayant rien à perdre. Dans mon monde intérieur, la bestiole mécanique était dans un coin de la pièce, reposant sur une de ses toiles, les pattes dansantes.

- Pourquoi ne m’apprends-tu pas le Bankai ?

L’araignée fit mine d’être surprise et imita comiquement le son du sake que l’on recracherait :
- Mais tu n’es qu’un blanc-bec !
- Et alors ? Toi tu es vieux et pourtant tu ne l’as toujours pas manifesté. S’il te plait, apprends-moi.
- Tu ne veux pas posséder ce pouvoir, gamin. Ce n’est qu’un caprice pour toi.

Il disparut. Il m’avait mis dehors. Rejeté de mon propre Monde Intérieur. Jamais je n’avais vu Sabigumo dans un tel état et pourtant, il avait toujours été rabat-joie. Le genre a tendre sa canne pour te faire tomber avant de se moquer de toi mais qui te ferait vivre l’enfer si tu osais faire de même avec lui. Il ne répondait plus à mes appels après ça. Au mieux, il se manifestait lorsque j’invoquais le Shikai mais je sentais ma lame bien moins puissante, comme si notre confiance commune avait été ébranlée. Le Bankai était plus qu’un aboutissement, c’était un symbole. Le Bankai était la vérité derrière chaque lame. J’avais besoin de cette vérité. Je ne m’étais jamais voilé la face, j’ai toujours recherché la vérité. Les faux-semblants étaient contre-productifs hors la vérité était immobile. Je préférais l’immobilité, je ne connaissais personne de plus lymphatique que moi – et il s’agissait autant d’une qualité que d’un défaut à mes yeux. D’une certaine manière, je connaissais déjà mon Bankai. Je savais qu’il ne serait pas clinquant. On ne pouvait faire de moi quelque chose de clinquant ou de létal, ce serait me perdre et me détruire.

Etait-ce un caprice d’être assez curieux pour vouloir se connaître complètement ? J’appelais l’araignée chaque jour. Le matin je jouais au shogi avec Kedama ou un membre de ma Division, l’après-midi je faisais mon travail et le soir était entièrement voué à mon Zanpakuto. Je voulais le forcer à me comprendre. Je pensais vraiment l’avoir compris. J’avais exploré son monde maintenant je devais le forcer à faire de même. Et ce fut quelques jours avant la trahison d’Aizen, alors que la Soul Society était en pleine effervescence suite à l’intrusion d’âmes vagabondes qu’il apparut. Il était dans mon dos comme prêt à me trahir et à me poignarder mais à la place il grimpa dessus jusqu’à se poser sur mon épaule, me faisant trembler après chaque pas de ses pattes froides sur ma peau.

- Ca suffit Hazamada Jinzo. Tu n’es pas prêt.
- Alors, tu l’aimes bien mon monde ? C’est moins austère que chez nous tout de même, dis-je, ignorant sa première réflexion.
- Écoute-moi espèce de triple buse ! Depuis quand une feignasse comme toi est-elle aussi bornée ? vociféra-t-il tout en tissant autour de nous sa toile, nous rendant imperceptible. Je n’avais jamais réussi à choisir. Etait-ce élégant ou tout simplement dégoutant ?
- Sabi’, je t’ai écouté. J’ai beaucoup appris de toi en tant que père, que frère, qu’ami… qu’ennemi. Mais cette fois écoute moi, laisse-moi te montrer ce que je pense. Je suis prêt vieillard, cette fois, c’est toi qui ne l’es pas. Montre-moi et laisse-moi en être le juge. Affrontons-nous afin de laisser le hasard ou la vérité éclater, lui récitais-je comme un discours que j’avais prévu. J’avais effectivement choisi quelques mots en avance mais je m’étais étonné du franc-parler dont j’avais pu témoigner. Je l’avais touché, je le sentais.
- Très bien, battons-nous, me répondit-il alors que je serrais déjà mon tsuba entre mes mains, pas comme ça imbécile ! Ai-je l’air de pouvoir tenir une arme ? Nous allons faire la guerre et et si tu nous connais, tu sais déjà comment.

Il me fallut quelques secondes avant de le comprendre suite à quoi je me levais, le déposant sur le sol avant de récupérer notre terrain de jeu. Je déposais le plateau de shogi entre nous deux et y plaçait les différentes pièces. La partie dura trente-trois heures se terminant sur sa victoire. Celle d’après aussi et encore après laissant sur moi toujours plus de cicatrices comme si à chaque pion déplacé nous croisions le fer. Finalement, nous nous accordions sur une huitième et dernière partie. L’araignée avait bel et bien finie rouillée et moi ensanglantée mais je remportais la huitième bataille. Le Bankai était mien. Alors que je déposais la dernière pièce signifiant ma victoire, je fus transporté dans mon Monde Intérieur. Quelque chose avait changé.

- Tu ne t’es jamais demandé d’où venait la lumière qui traverse le papier des cloisons ?
- De la pièce d’à côté ?
- Non, je te parle de derrière la porte. Maintenant que tu connais mon nom complet, peut-être que tu pourrais enfin terminer ta visite ?

Je me levais et poussait la cloison. Cette unique fois, je ne m’attendais pas à découvrir la même pièce identique derrière et pour cause, derrière un jardin s’épanouissait. Un jardin de sable, d’herbe et de fer ou se mêlaient engrenages et arbustes. Seule la petite maisonnette se tenait, immobile et intouchable au milieu de ces champs.

Je gardais mon Bankai secret pour plusieurs raisons : d’abord parce que je n’avais pas réellement besoin de l’utiliser, ensuite parce qu’un Shinigami ayant atteint le dernier stade d’évolution de son Zanpakuto, ça fait du bruit et il était hors de question que je quitte tout de suite mon petit confort pour plus de responsabilités qui me seraient forcées. Enfin, il était dans la nature même de mon pouvoir de rester caché. M’entrainer à le maîtriser restait la tâche la plus ardue. Un Bankai aussi récent semblait indomptable et je connaissais bien l’adage qui demandait des siècles pour pouvoir contrôler la libération finale. Malheureusement, j’appris à mes dépens que je ne disposais pas de ces siècles.

Alors que la plupart des Capitaines avaient quitté la Soul Society pour soutenir le Shinigami Remplaçant au Hueco Mundo, d’étranges phénomènes nous frappaient. Une immense pierre était apparue aux abords du Rukongai. Les experts de la Division scientifique auraient décelé un infime reiatsu émanant de ce menhir géant. Le plus étrange était que cette énergie spirituelle était bien plus proche de celle d’un Hollow que n’importe quelle autre. Or, au bout de quelques jours, les Shinigamis chargés de surveiller la pierre se mirent à disparaître puis ce fut le tour d’habitants du Rukongai si bien qu’une équipe d’enquête fut formée composée de trois membres de la Neuvième Division, d’un Shinigami de la Quatrième et de moi-même afin de collecter les différentes informations de l’enquête.

Lorsque nous arrivâmes au cœur de la forêt, là où gisait l’étrange monolithe, nous fûmes pris d’effroi. Une trentaine de cadavres jonchaient le sol, entourant l’artéfact. Ceux-ci avaient été vidés de toute substance. Leurs cadavres étaient desséchés et le simple poids de leur vêtement suffisait parfois à les rendre poussière. Au centre de ce rituel macabre, la pierre semblait grossir, battre. Elle brillait et, pratiquement translucide, la véritable terreur fut pour notre équipe de comprendre que quelque chose se trouvait à l’intérieur et pas n’importe quoi, lorsqu’il éclot, nous comprîmes ce à quoi nous avions affaire. Cette pierre qui s’était échouée dans la Soul Society était un Hollow en phase de métamorphose. Il était devenu un Adjuchas, une créature terrifiante à la puissance sans pareille et ce monstrueux papillon masqué sortit de sa chrysalide. Sans doute manquait-il d’un peu d’énergie spirituelle pour finalement éclore, d’où toutes ces disparitions. Nous avions l’impression de n’avoir aucune chance contre une telle bête dont le niveau de puissance pouvait égaler celui d’un Capitaine mais toute fuite était futile. Très vite, la bête avait balayé nos papillons de l’enfer nous empêchant de joindre le Seireitei, nous devions survivre jusqu’à ce que le reiatsu du Hollow s’y fasse ressentir et qu’on nous envoie du secours mais même ça, c’était peine perdue. Un tel monstre en aurait fini de nous avant.

Je me battais farouchement contre la bête usant de mes facilités en Hoho pour lui échapper. Je profitais de l’environnement  forestier pour me cacher et fomenter quelque embuscade futile. Mes compagnons étaient morts. Certains dévorés, d’autres brûlés par des Cero et les derniers écrasés par les ailes du monstre creux. Sabigumo me permettait d’attaquer sans qu’il ne puisse s’en apercevoir mais j’étais rapidement épuisé jusqu’à ce qu’une aide miraculeuse n’arrive. Loin d’être ce que j’imaginais, ma surprise fut de reconnaître au premier coup d’œil ce gigantesque hachoir et l’aisance de son porteur. « Obaba ! » Oui, c’était elle, après presque deux cents ans à avoir pensé à elle sans jamais la voir, ma grand-mère était là, prête à m’épauler. Je devais sûrement paraître ridicule à ses yeux tant mon état était pitoyable et elle ne rata pas le coche puisqu’insultes et railleries fusaient à mon égard auxquelles j’avais à présent l’assurance de répondre mais nous savions qu’il ne s’agissait ni de l’heure, ni du lieu aux franches retrouvailles. Notre duo était franchement explosif. La vieille bique perdit une jambe qu’elle avait sacrifiée pour sauver la mienne. J’étais tellement sonné qu’il m’arrivait de ne plus voir très clair jusqu’à ce qu’une remontrance d’Obaba ne me réveille de ma trance dont j’osais profiter comme d’une pause dans un moment aussi crucial. Tout ceci fut de courte durée lorsque nous comprîmes que nous étions faits. Haletant, les doigts tremblants, tenant à peine le manche de nos armes, le Hollow chargeait son dernier Cero prêt à nous pulvériser. D’ordinaire, je sais que j’aurai lâché prise, j’aurais abandonné à ce niveau et je me serais confronté à ce destin funeste. Or, je n’étais pas le seul concerné et je bafouais ma nature même en devenant ce héros clinquant que je méprisais.

- Bankai : Sabigumo Kikaimori…

Il était de toute façon trop tard pour stopper le monstre mais toute l’attention serait portée sur moi et dans un dernier geste, je finis par attraper ce papillon dans ma toile, en faisant ma proie avant qu’il ne disparaisse en fumée. Quant à moi, je portais un trou béant au milieu du torse. Oui, il était trop tard pour l’arrêter à temps. Alors que je tombais à la renverse,  j’imaginais cette folle d’Obaba m’insulter. Elle me dirait sûrement « Pauvre con ! On sauve pas les vieilles dames, on sauve sa peau dans la vile réelle ! ». Seulement, une larme à l’œil et un sourire idiot aux lèvres,  je ne saurai jamais ce qu’elle m’aurait dit car j’étais déjà mort avant qu’elle n’atteigne mon cadavre.

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Je fus réveillé par l’air qui me brûlait le visage. Il s’agissait d’une sensation étrange, nouvelle. Je me sentais comme un nouveau-né mais n’était-ce pas le cas ? J’avais retrouvé tous mes souvenirs. Par moment, il me semblait qu’il ne s’agissait pas des miens, comme si on me contait l’histoire d’un inconnu. Ce devait être un effet de cette greffe d’âme artificielle. Cela signifiait donc qu’elle n’avait pas parfaitement fusionnée avec les restes de la mienne ? Je n’avais pas peur mais je sentais comme un malaise, j’avais donc été réveillé trop tôt.

Le liquide s’échappait laissant mon corps nu tomber sur le sol, mes réflexes étant restés amoindris. Mon visage écrasé sur le métal froid me faisait trembler comme un poisson hors de sa mer. Les quelques pas qui s’approchaient se révélaient être des membres de la Douzième Division me soulevant. Ca n’aurait pas dû être difficile compte tenu mon poids de plume cependant je me sentais glissant à cause de la couche de cet étrange liquide amniotique. En me tirant hors de cette salle, les tuyaux branchés dans ma peau se décrochaient sans que je n’en sente la douleur.

On me fit enfiler un Shihakusho avant que je ne demande mon Zanpakuto qui me fut rendu. Akon m’expliquait qu’on m’avait réveillé contre la volonté du Capitaine Kurotsuchi qui ne me pensait pas « mûr ». Cependant, on avait besoin de moi. Tous les Shinigami à potentiel étaient demandés depuis l’invasion du Vanderreich et cela continuait à présent que les Enfers avaient également décidés de se rebeller. Tous les Shinigami au poste de Capitaine de la Troisième étaient atteints d’une malédiction : tous mourraient. Pourtant, on me poussait à postuler à ce poste alors même que je venais de me réveiller d’un long sommeil, que je ne savais même plus si j’étais encore Hazamada Jinzo. Mais… pourquoi pas ? Un rôle aussi voyant n’était définitivement pas fait pour moi mais après tout, qui étais-je aujourd’hui pour savoir ce que je voulais vraiment ? On m’avait toujours dit que j’avais des capacités, que je pouvais être un meneur d’homme. J’avais refusé d’y croire mais aujourd’hui j’étais mort et quoi de mieux qu’un ancien cadavre pour reprendre les rênes d’une Division maudite ? Nombre de mes responsabilités par le passé m’avaient été données involontairement. Aujourd’hui, pour le Gotei, pour la Soul Society il me fallait trouver la motivation de m’élever au niveau qui est le mien.

C’est ainsi qu’après nombres d’examens afin de s’assurer que l’expérience du Capitaine Kurotsuchi n’avait aucune influence sur mon esprit, je pus postuler au poste de Sanbantai-taicho qui me fut accorder par le nouveau Capitaine-Commandant facilement étant donné le manque d’effectif certains en ces temps d’ombre…
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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   Mar 14 Juin - 21:44

Présentation terminée ! Encore désolé pour la longueur c'est pas top mais bonne lecture/purge !
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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   Mar 14 Juin - 22:50

Wow ! Ça c'est de la présentation ! D'accord, on est assez stricte pour le rang de Capitaine, mais pas à ce point là ! ^^ En tout cas j'ai beaucoup apprécié. Présentation originale, bien écrite, agréable à lire malgré la longueur, respectueuse du contexte et de l'univers de Bleach. Au début le chat anthropomorphe m'a fait un peu tiqué, mais étant donné qu'il s'agit d'une malédiction et qu'on connait notre loup de Capitaine, ma foi, pourquoi pas !

Je ne vois aucun inconvénient à te donner le rang de Capitaine de la Troisième Division avec un niveau 75 =)

Reste à voir l'avis de Kahei ^^
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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   Mer 15 Juin - 14:39

Fiuuuuuuh ! J'ai ADORE ! Superbe présentation, fluide, intéressante, originale ! Vraiment, c'était top ! Je rejoint mon camarade pour ça, présentation validée avec grand plaisir.

D'après moi elle vaut par contre peut être un peu plus que ça, je partirai même sur un lvl 80 comme Llanto. On va couper la poire en deux du coup, un petit lvl 77, ça conviendra à tout le monde. ♥

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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   Mer 15 Juin - 16:36

Merci beaucoup je ne m'attendais pas à ce que ça plaise autant mais j'en suis ravi ! Le niveau me va très bien. Encore merci, je file finir toutes les formalités et je vous dis à plus dans le bus (enfin dans le jeu mais c'est tout comme).
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MessageSujet: Re: Hazamada Jinzō   

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Hazamada Jinzō
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